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L’exposition de la Cité de la BD et de l’image : Lewis Trondheim fait des histoires

Il n’y a pas à dire, ces derniers temps, les expositions nous ont manqué. Heureusement, nous avons pu patienter en douceur grâce aux expositions virtuelles, proposées par la grande majorité des musées. Aujourd’hui, nous bouillonnons d’enthousiasme en remarquant que les musées jouent les prolongations pour l’été. Nous avons fait une petite sélection (et ça n’a pas été facile). Aujourd’hui, c’est la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (Angoulême) que nous avons choisi de mettre en avant pour l’exposition Lewis Trondheim fait des histoires.

Lewis Trondheim le cerf volant
© Lewis Trondheim

La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image a réuni 150 originaux, dont des planches, des illustrations et des carnets. Le parcours est scénographié et aborde une dizaine de thématiques : « l’apprentissage du dessin, l’autoreprésentation, la carrière de son personnage fétiche Lapinot, les monstres, robots et aliens, la série d’heroïc fantasy Ralph Azham, le travail en collaboration, la BD jeunesse, l’expérimentation formelle, les angoisses du créateur et du citoyen, etc.« 

Lewis Trondheim le cerf volant
© Lewis Trondheim. Source de l’image : franceculture.fr

Découvrez également quelques documents rarement exposés au public comme par exemple « les cases matricielles du Dormeur, un dessin où Trondheim se représentait encore en chat, des dessins de couverture d’albums de Lapinot qui n’existent pas, des sérigraphies Ralph Azham réalisées à partir de tampons, le scénario original de La Nouvelle Pornographie, des recherches graphiques pour la mise au point du style de Frantico, des illustrations originales pour le jeu de rôles Donjon et des dessins d’observation inédits.« 

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© Lewis Trondheim. Source de l’image : lewistrondheim.com

Mais qui est Lewis Trondheim ?

Dessinateur autodidacte né en 1964, il est le créateur de Lapinot, Ralph Azham, Le Roi Catastrophe, Maggy Garrisson et bien d’autres personnages. L’artiste travaille autant pour le public adulte que pour les enfants, comme en témoignent les 180 albums à son actif. En 1990, il cofonde la maison d’édition L’Association et en est toujours membre du comité de lecture.

Lewis Trondheim est un « testeur de genre ». Il s’est essayé à la science-fiction, au western, au polar, à l’autobiographie, à la comédie, au sentimentale, en passant par la BD expérimentale ou jeunesse. Il a même repris des personnages connus comme Mickey ou Spirou ; pour finalement entrer dans le monde de la BD pour Smartphone avec Bludzee ou sur Instagram avec Les Herbes folles. Son personnage de Lapinot en est le meilleur témoin, utilisé comme un acteur parcourant ces différents univers. On voit bien le lien avec le titre de l’exposition là non ?

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© Lewis Trondheim. Source de l’image : lewistrondheim.com

Son univers graphique est souvent constitué de formes de patates, mais il écrit également pour des dessinateurs réalistes comme Matthieu Bonhomme, Stéphane Oiry, Hubert Chevillard ou Frank Biancarelli. Le dernier argument pour achever notre tirade (vantant les innombrables qualités de l’expo) c’est Trondheim lui-même, qui a activement participé à la conception de cette rétrospective en son honneur. Durant les derniers jours de montage, l’artiste a ajouté des commentaires dans les marges de l’accrochage. Et ça, c’est pas très très banal pour une rétrospective.

Petit mot sur la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image

Située dans la ville d’Angoulême, dans la région de Nouvelle-Aquitaine, la cité se compose de trois sites majeurs : la Maison des auteurs, sur les remparts de la ville, le vaisseau Mœbius au bord de la Charente, et le musée de la bande dessinée, situés sur l’autre rive, mais reliés au vaisseau Mœbius par une passerelle.

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Cité internationale de la bande dessinée et de l’image. Source : journees-du-patrimoine.com

L’établissement présente auteurs, chercheurs et amateurs du monde entier, sur les thématiques de la bande dessinée, du cinéma d’animation, du jeu vidéo ou encore des médias interactifs. La cité met notamment en place divers dispositifs dans un objectif de conservation, de diffusion, d’étude, de promotion et d’aide à la création.

« [Le] musée a été partie prenante des premiers « salons » organisés à Angoulême dès les premières années, à partir de 1974. Il accueillait ainsi des expositions de planches originales et certains auteurs, en signe de reconnaissance devant cette ouverture à la bande dessinée d’un temple de la culture, choisirent de faire don de certaines de leurs planches » citebd.org

Le musée de la bande dessinée présente ses collections permanentes dans une scénographie sobre, sur une surface d’environ 1 300 m². Planches originales, dessins et objets dérivés pour une collection unique en Europe. Le tout conservée et exposée à Angoulême. En plus de la collection, profitez des expositions temporaires, des ateliers de médiation, des conférences et autres événements.

Comment exposer la bande dessinée ?

Il y a effectivement des règles à respecter lorsque l’on souhaite exposer des œuvres sur papier. Les planches originales ne peuvent pas être présentées plus de trois mois d’affilée (à cause de la lumière). Ensuite, elle doivent regagner les réserves et rester trois années dans le noir. Il y a donc trois rotations annuelles pour le musée de la bande dessinée. Ce qui veut dire qu’en trois ans, vous pouvez voir neuf musées différents. Sans compter les ateliers, les conférences et autres événements, et surtout les expositions temporaires.

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Découvrir l’exposition Lewis Trondheim fait des histoires, c’est aussi découvrir la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême, dont la bibliothèque, le cinéma, la librairie, la new factory, ou encore la table à dessin, la brasserie. De quoi remplir une grosse journée.

Le rendez-vous est pris jusque fin 2020 pour cette belle exposition retraçant les multiples genres auxquels Trondheim s’est essayé.

À bientôt les faons !