Ben Mazué

Ben Mazué, conteur d’histoires humaines

Si vous découvrez Ben Mazué en concert, vous constaterez qu’il se présente à son public via une mise en scène tout en sobriété, avec un pianiste accompagnant sa voix. Ce sont avant tout des histoires, souvent les siennes, qui, tout au long du concert, sont délivrées avec des projections et prises de parole entre chaque morceaux. Le Cerf volant est ainsi parti à la découverte du « Paradis«  de Ben Mazué. 

Une autre variété

C’est le cœur ouvert, que le rouquin de 39 ans se présente en concert, et dans chacune de ses apparitions. Que ce soit dans les podcasts, interviews écrits ou visuels, musiques, il est d’une honnêteté désarmante. Il est donc difficile de ne pas être touché par cet homme au parcours qui finalement explique cet aboutissement musical.  

Rattaché au genre de la « variété française », sous le label Columbia, il est pourtant unique en son genre. Sous cette dernière expression tout faite, on entend qu’il a une signature reconnaissable, une façon de raconter bien à lui, entre douceur et mélancolie et parfois violence, la violence des épreuves de la vie.

Auteur-compositeur-interprète aujourd’hui, Ben Mazuet, de son vrai nom, fut un temps médecin. C’est finalement au tout début de cette carrière dans le secteur médical que la musique s’impose et devient son métier de grande personne.

Paradis, nouvel album orchestre

Trois ans après Les femmes idéales, Ben Mazué nous dévoile Paradis, un album où ses histoires les plus tristes sont sublimées et représentent des tournants, souvent nécessaires, que l’on prend au cours de la vie. Paradis, pour évoquer l’Ile de la Réunion où il a composé cet album, essentiellement en marchant d’ailleurs.

C’est le plus abouti [l’album], le plus écrit, c’est mon préféré. Je l’ai écrit en marchant, pour la plupart des morceaux, en fredonnant. […] Je voulais qu’ils restent le plus brut, donc j’ai écrit les morceaux jusqu’au bout sans instrument, en les fredonnant. Pour que ça soit des chansons qui peuvent être chantées à capella.

A l’Internaute, le 06/11/2020

Les quatorze titres qui peuplent ce nouvel album sont tous bien différents les uns des autres. Les ambiances sont variées avec pourtant des constantes comme le piano et la guitare tapissant les morceaux, avec souvent un habillage électronique ajouté avec une boîte à rythme qui vient rythmer, en plus de la diction de Ben, qui est au cœur des créations. Tantôt mélodique, parfois parlé, la musique de Ben Mazué parle de nos vies à tous, de ces petits rien qui peuplent nos quotidiens sans crier gare. Si insignifiants et importants à la fois.

Avec cette album, Ben Mazué déplore divers thèmes comme la rupture (thème qui revient d’ailleurs souvent) avec Tu m’auras tellement plu, les projets familiaux rêvés avec Divin exil ou encore l’amour qu’il porte à son fils, ce qu’il souhaite lui transmettre, avec Mathis par exemple.

Pochette de « Paradis », album sorti le 6 novembre 2020

Le fil rouge, c’est l’autre

Au détour de l’album, on rencontre plusieurs artistes, Anaide Rozam, Poupie et Jérémy Frerot. Pour Les femmes idéales de 2018, il avait déjà invité des collègues, Pomme, Louane et La Bronze. Ces collaborations ont toujours pour but de créer cet endroit commun entre artistes sur un même projet. Un endroit commun à travers lequel on sent tout de même sent bien les influences de chacun.nes. 

Finalement, au cœur de sa musique se trouve l’humain, les méandres de son âme, bousculée par les virages que l’a vie nous pousse parfois à prendre. Il explore ces failles qui nous rendent si vulnérables et forts, pour traverser les épreuves qui se présentent sur notre chemin. 

Le fil rouge de l’album, cette fois, c’est l’autre. L’autre en général et la femme en particulier. Sujet et objet de tous les désirs, de tous les questionnements, de tous les regards, de nuits et de pages toutes blanches.

Ben Mazué sur son site officiel

L’art, la musique, dans leur processus, permettent cette réflexion, cette avancée intellectuelle et humaine. D’ailleurs, en arrivant à la Quarantaine, on sent l’apaisement, la sagesse, que Ben Mazué atteint dans son art, sa vie. C’est cet optimisme qu’il transmet et auquel on doit se raccrocher en cette période. Espérons donc que Paradis pourra bientôt se jouer en tournée !

Bonne découverte !