le corniaud le cerf volant

Le Corniaud : un trafic de drogue à l’écran

Ils ont marqué l’histoire du cinéma français. Ils ont bercé notre enfance avec du rire et de la joie. C’est à Lille et à l’occasion du festival CineComedies, que nous avons tenu à rendre hommage à de nombreux artistes. Parmi ces talents, figure notamment Louis de Funès et Bourvil.

Au programme : expositions et projections, dont Le Corniaud, film Franco-Italo-Espagnol réalisé par Gérard Oury en 1965.

French Connection

Le film s’inspire des événements ayant eu lieu lors de la « French Connection » : Il s’agissait de l’un des plus grands trafics internationaux de drogue du 20e siècle. Entre les années 30 et 70, l’or blanc également connu sous le nom « d’opium » est importé depuis le Proche-Orient et la Turquie. Il s’introduit à Marseille où il sera utilisé pour créer de l’héroïne.

Essentiellement dirigée par la mafia corse, la « French Connection » va exporter cette drogue depuis la France vers les États-Unis. L’héroïne produite illégalement dans des laboratoires marseillais entraîne une traînée de morts en Amérique. Le président de l’époque, Richard Nixon, lui déclare la guerre. Vingt années s’écouleront pour que les gouvernements français et américain réussissent à démanteler le réseau de la French Connection.

Les faits de la French Connection ont également inspiré d’autres films que Le Corniaud. La French, film français sorti en 2014 avec Jean Dujardin en affiche. Un film reprenant le nom du trafic de drogue est sorti en 1971. L’intrigue de French Connection se concentre plus sur des événements ayant lieu à New York, aux Etats-Unis.

Un parallèle

Le Corniaud se base sur la « mésaventure » de Jacques Angelvin, animateur télé. Ce Français est arrêté en 1962 aux Etats-Unis en possession d’une voiture remplie d’héroïne. L’accusé jure son innocence, mais est finalement condamné coupable. Un chagrin pour le public qui vénérait ce présentateur.

Fidèle à l’histoire d’Angelvin, le film narre la traversée d’Antoine Maréchale de Naples jusqu’à Bordeaux. Interprété par Bourvil, ce personnage naïf ne se doute pas une seconde que la voiture lui ayant été offerte par Saroyant, personnage qu’incarne Louis de Funès, est en réalité blindée d’héroïne et de diamants !

Un corniaud

Le film se dépeint dans de nombreux thèmes : on retrouve une Italie séduisante, pleine d’amours avec les rencontres des belles Gina et Ursula.

Le contraste entre les personnalités opposées de Saroyant et Maréchal est un élément clé du film. L’un menteur et trompeur, prêt à tout pour arriver à ses fins ; l’autre naïf et honnête pour lequel le spectateur se prend immédiatement de sympathie, a de quoi faire rire.

La rivalité entre Saroyant et Le Bègue, personnage qui tente également de récupérer le précieux cargo, est un aspect comique important du scénario. Tous deux désirent la même chose, mais se mettent simultanément des «bâtons dans les roues.»

Tout au long du film, il apparaît évident que l’appellation « Corniaud » fait référence à Antoine Maréchal. Mais la réalité est bien plus complexe : ce personnage a plus d’un tour dans son sac et ne se laisse pas faire.

Au-delà du rire

Lorsque l’on regarde le film, on commence à se demander à qui l’appellation « Corniaud » fait référence. En effet, l’air candide du personnage de Maréchal lui donne un air de Corniaud. Cependant, les échecs répétitifs du personnage de Saroyant peuvent amener le spectateur à approfondir son raisonnement.

Un exemple s’illustre lors d’une scène opposant ce personnage à son rival, « Le Bègue ». Ce dernier, se retrouvant avec une arme à feu pointé sur lui, profite de l’arrivée de policiers pour s’enfuir, non sans narguer Saroyant de son plus beau sourire.

Si nous l’analysons d’un autre point de vue, ce film se bat également contre les préjugés. Le Corniaud peut être n’importe quel personnage : d’abord Maréchal, homme naïf ; puis Saroyant, qui échoue à chaque tentative de récupérer ses diamants ; puis Le Bègue, qui lui aussi faillit à sa tâche de tuer Maréchal et fini menotté. Un clin d’oeil y est fait à la fin du film : le personnage de Maréchal finit par duper Saroyant. Les apparences sont bien trompeuses.

Capture d’écran d’une scène du film « Le Corniaud » de Film Cultes sur YT

Un nouveau sens

D’ailleurs, saviez-vous qu’après le film, le mot « corniaud » a été utilisé pour une nouvelle définition ? On traite quelqu’un de Corniaud lorsque l’on souhaite désigner une personne idiote qui fait « de la contrebande sans le savoir, ou sans se soucier des conséquences ».

Il faudra quand même penser à ne pas utiliser cette expression tous les jours. Sinon, on risque de se voir agresser de regards noirs.

Pour aller plus loin : 

Et voilà, c’était mon premier article. J’espère qu’il vous aura plu. On se retrouve bientôt pour de nouvelles histoires.

Allez, à plus mes puces !


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