Les coups de pinceaux et de folie de Vincent Van Gogh (Partie 1).

En proie à des crises de démence et à des phases de dépression, l’existence de Vincent Van Gogh n’aura été que trop houleuse. Donnant vie à un art inclassable et très personnel, il n’aura vendu qu’un seul tableau de son vivant. On pourrait l’imaginer aujourd’hui hagard, s’il pouvait se tenir devant toutes ses toiles exposées au musée d’Orsay… Les maladies qui l’affectaient auraient-elles eu une influence sur ses peintures ?

Vincent Van Gogh, Autoportrait, 1889, Paris, Musée d’Orsay

Le mot artistes, à quoi vous fait-il penser ? Comment les percevez-vous ? Il nous vient hâtivement, pour certains, leur esprit loufoque ou dérangé. Dalí et ses oblongues moustaches se dessinent, puis le perturbé Van Gogh et son oreille coupée, ou nous humons les odeurs d’opium qui se dégagent de chez Baudelaire. Étaient-ils dérangés ces artistes ? Étaient-ils fous ? Pour certains, leurs créations n’ont été que trop imprégnées de leur maladie

Marchand d’art, pasteur ou peintre ? 

Vincent naît en Hollande, à Groot-Zundert, en 1853. Ses premiers pas dans l’art le portent à la Haye, au sein de la galerie Goupil and Cie, appartenant à son oncle. Évoluant au sein des filiales de l’entreprise, il se rend à Londres, puis à Paris. Cependant, restreindre l’art à une marchandise choque profondément le futur peintre. Les sources divergent concernant son départ de la galerie : aurait-il démissionné ou se serait-il fait licencié ? Quoiqu’il en soit, son engagement auprès de la galerie prend fin en avril 1876.

Vincent décide alors de se consacrer à la religion. Il se rend de nouveau à Londres où il travaille dans un internat au port de Ramsgate. Sa ferveur religieuse ne faisant que croître, il prononce son premier serment à la Wesleyan Methodist Church de Richmont. Il est par la suite engagé comme assistant à la Congregational Church de Turnham. Souhaitant devenir pasteur, il prépare les examens pour entrer à l’université, mais il échoue. S’accordant une seconde chance, il s’inscrit aux cours donnés par l’école protestante de Laeken à Bruxelles. Mais de nouveau, c’est un échec : il abandonne définitivement sa volonté de devenir pasteur.

Vincent Van Gogh, Les mangeurs de pomme de terre, 1885, Musée Van Gogh, Amsterdam.

Sa passion pour l’art et sa frénésie pour la religion lui auront permis de voyager en Europe et d’y visiter ses plus grands musées. C’est également à Londres qu’il va découvrir la misère humaine qui lui inspirera Les mangeurs de pomme de terre (1885). Ses préludes d’artistes s’établissent en Hollande où il dessine alors des scènes de la vie quotidienne à la mine de plomb, au crayon ou bien au fusain. Il décide alors de se former en s’inscrivant à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles en novembre 1880. L’année suivante, le frère de Van Gogh, Théo, est nommé gérant de la succursale de Goupil and Cie à Paris. C’est à partir de ce moment-là qu’il décide de subvenir aux besoins budgétaires de son frère, alors âgé de 28 ans.

Cap au sud et premières crises

Après son passage à Bruxelles, Van Gogh s’initie à l’art en Belgique, où son expression ne cessera de se mouvoir. Avant de se rendre à Paris, sa palette prend des coloris de plus en plus vifs, accompagnés de traits de plus en plus nets. Intrigué par l’impressionnisme, il rejoint son frère à Montmartre, en 1886. Il y rencontre alors les artistes fréquentant ce milieu, dont certains l’initient personnellement à l’art. Au cours des années 1886-1887, il fréquente l’Académie du peintre Cormon et côtoie alors plusieurs peintres de renom tels que Toulouse-Lautrec. Par le biais de son frère, son cercle s’élargit à Paul Gauguin, Georges Seurat et Camille Pissarro. Période très riche dans sa recherche artistique, elle marque néanmoins le début de ses soucis de santé dû à sa grande consommation d’absinthe.

C’est alors que Vincent décide d’emprunter la route du sud pour observer la lumière qu’il convoite tant dans ses œuvres. Il se rend alors à Arles, où il y peint des paysages et des portraits. Il rêve de réunir dans cette ville une communauté d’artistes travaillant sur des recherches et expériences communes. Paul Gauguin partage cette envie et le rejoint le 23 octobre 1888. 

Vincent Van Gogh, Moissons en Provence, 1888, Jérusalem, Musée d’Israël

Cependant, une violente dispute éclate entre les deux peintres, suscitant une importante crise à Vincent. Cet incident comprend de nombreuses théories. La plus commune exposerait que Vincent aurait menacé Gauguin à l’aide d’un rasoir, qui se serait alors enfui. Vincent décida de retourner l’objet contre lui, se coupant ainsi l’oreille gauche, avant de la confier à une employée travaillant dans une maison close à proximité. Le lendemain, il entre à l’hôpital.

Vincent Van Gogh, Lettre à Paul Gauguin, 17 octobre 1888, Amsterdam, Van Gogh Museum

Une pétition est signée par 30 habitants d’Arles, signalant à Vincent de quitter la ville, devenu dangereux pour le maintien de l’ordre public. Les crises se multiplient et il est interné, à la demande du maire, à l’hôpital d’Arles. Malgré ses problèmes de santé, Vincent continue d’entretenir une relation avec le monde artistique, notamment par une correspondance avec Paul Gauguin, mais surtout avec son frère.

A suivre dans la seconde partie des mésaventures de la vie de Vincent : nous y découvrirons sa venue à Auvers-sur-l’Oise, ainsi que sa rencontre avec le célèbre docteur Gachet, ami des impressionnistes. Nous retracerons les nombreuses maladies qui sont lui attribuées et comment elles seraient expliquées au travers de ses oeuvres. 

Pour être un peu plus transporté au sein de la thématique des maladies des artistes, il nous est possible d’aller à la rencontre de Yayoi Kusama, artiste japonaise immersive, en cliquant sur ce lien.

 



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