Minuscule, les grandioses aventures des insectes

Les beaux jours sont là, la nature dans les jardins se fait dense, et parmi toutes ces feuilles et bourgeons, vous avez certainement pu apercevoir ou entendre un bon nombre d’insectes ! Les abeilles, mouches, bourdons, fourmis, coccinelles, libellules, araignées, vers et autres petites bêtes s’activent, mais pas toujours pour le plus grand plaisir des êtres humains qui, à coup de mains et de soupirs, les voient d’un mauvais œil venir se poser sur leur pique-nique.

©MMVI Futurikon

Et si on les regardait de plus près ?

La série Minuscule : La Vie Privée des Insectes, créée en 2006 par Hélène Giraud et Thomas Szabo et produite par Futurikon, vous emmène dans les aventures trépidantes des insectes. Il est assez rare d’entendre quelqu’un dire à quel point il trouve les insectes très mignons, et pourtant ici, grâce à une technique mêlant prises de vues réelles et animation 3D, vous êtes immédiatement plongés dans une nature apaisante et dans le quotidien fait d’aventures drôles et poétiques, de ces insectes aux yeux expressifs.

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©MMVI Futurikon

Diffusée sur KD2A, puis Disney Channel et les Zouzous de France 5, mais également dans plus de 70 pays, la coccinelle, les fourmis et autres araignées ont conquis enfants et adultes. La série a été plusieurs fois récompensée, notamment au Festival d’Animation d’Hiroshima.

De petits contes à côté de la maison

Ce sont de véritables petits contes de 3-4 minutes qui vous sont proposés : tantôt épiques, tantôt touchants mais toujours poétiques et burlesques. Entre courses poursuites inter-insectes, stockage d’olives ou de sucres pour les fourmis, matchs entre libellules ou recherche d’eau pour l’escargot, on découvre avec plaisir ces petites bêtes et leurs caractères bien affirmés dans différentes situations (ne vous avisez pas d’embêter un·e ami·e de la coccinelle !)

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Les prises de vue réelles ont été faites dans les parcs du Mercantour et des Écrins dans les Alpes françaises, en équipe réduite et en lumière naturelle afin de ne pas avoir une empreinte écologique trop élevée. Les insectes, réalisés en 3D, évoluent dans ce décor, se comportent et se déplacent quasiment comme dans la nature, pas question donc de les faire parler, du moins pas le langage humain. Car ils communiquent oui, et on les comprend même très bien grâce à un impressionnant travail de bruitages et de son.

Mais où est caché l’ingénieur son ?

Au-delà de l’image, c’est une plongée sonore qui est proposée ici, et rien n’est laissé au hasard. Les paysages naturels arrivent aux oreilles par les gouttes d’eau, les feuilles éventées et autres ruissellements ou craquements de branche. Mais ce n’est pas tout ! Vous entendrez également très rapidement des bzz, clclclcl, flflflflflfl et autres sifflements : ils sont un des points forts de l’identité de Minuscule.

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En effet, le spectateur est au plus près de l’insecte et d’abord de ses mouvements : le déplacement des petites pattes des uns sur des supports variés, le vol plus ou moins assuré des autres, tous ces petits bruits les rendent immédiatement sympathiques. Aussi, les échanges entre les petites bêtes sont retranscrits.

C’est ici peut-être (peut-être ?) que la prise de liberté avec la réalité serait la plus évidente, mais c’est assez irrésistible de les voir interagir et absolument tout est compréhensible, bien qu’aucune « parole » ne soit réellement prononcée.

©MMVI Futurikon

Les créateurs de la série ont travaillé avec des ingénieurs du son pour fabriquer ce qui est devenu au fil du temps comme un langage à part entière, identifié non seulement pour chaque insecte mais aussi pour chaque intention. C’est pour chacun un savant mixage de sons provenant de banques sonores, sauf pour les coccinelles qui s’expriment grâce à un bruit imaginé par la créatrice Hélène Giraud elle-même.

De grandioses épopées pour les minuscules hexapodes

À la suite de cette série, les insectes ont débarqué au cinéma dans deux longs métrages : Minuscule, La Vallée des fourmis perdues en 2014 et Minuscule 2, les Mandibules du bout du monde en 2019 sont des succès. Le premier gagnera le César du meilleur film d’animation en 2015, entre autres récompenses et nominations.

Véritables films d’aventures truffés de références cinématographiques et accompagnés de musiques grandioses, les insectes n’ont rien à envier à vos héros préférés tant leur témérité et leur audace ne sont plus à prouver.

Le premier, s’il démarre sur un pique-nique bucolique, emmène la troupe des fourmis noires (et par une circonstance hasardeuse la petite coccinelle) dans une épopée rocambolesque afin de protéger leur précieuse boîte à sucre des mandibules acérées des sournoises fourmis rouges. Esprit d’équipe, courage et stratégie seront nécessaires à cette famille d’insectes recomposée afin de protéger leur territoire et leurs biens, mais est-ce que cela suffira contre la ténacité des fourmis rouges ?

Minuscule : La Vallée des Fourmis Perdues ©MMVI Futurikon

Si ce premier film se situe dans les Alpes françaises, le second volet, lui, ne fait qu’y commencer, le temps d’une nouvelle bataille entre les fourmis noires et les fourmis rouges pour… une boîte à sucre. Venue prêter main forte à ses amies, la coccinelle a aussi été suivie par son fils (curieux et têtu donc) qui se retrouve coincé dans un carton à destination de la Guadeloupe. Le père coccinelle réussit à le suivre et prend également son envol pour l’île où les attend une nouvelle aventure, de l’autre côté de l’Atlantique cette fois. Rencontre avec de nouveaux insectes, suspense, amitié, toujours, et peut-être même amour, ce second volet est, comme le premier, une grande épopée.

Les références cinématographiques sont nombreuses, de Là-Haut des studios Pixar à la saga du Seigneur des Anneaux, les équipes du film ont réussi à mettre nos Minuscules au cœur de situations grandioses et universelles. La musique est aussi un élément très important dans ces films : tantôt grandiloquente, tantôt émouvante, toujours pertinente, elle permet au spectateur d’être tout de suite dans l’action avec les personnages. Suivre ces immenses petits héros n’est pas de tout repos, et c’est, pourtant, très divertissant.

Et si, maintenant, on prenait l’habitude de les regarder autrement ?

La série et les films ne semblent pas avoir de message explicite concernant l’écologie ou le rapport aux animaux et insectes. Néanmoins, les images de la nature en prise de vue réelle sont immédiatement apaisantes et l’intimité créée avec les insectes donne tout de suite le sourire. Le spectateur est avec eux, au cœur de cette nature, et ça peut difficilement laisser indifférent.

Les insectes sont en effet souvent associés à des émotions négatives chez les humains : ils rebutent par leurs aspects, agacent par leur bruit, font peur à cause de toutes leurs petites pattes… Ici, nous avons l’impression de découvrir une autre facette de leur (potentiel) quotidien, leurs yeux tout ronds nous attendrissent et nous offrent un nouveau regard.

Alors peut-être qu’ensuite, en retournant à l’extérieur, nous pourrions avoir envie de prendre le temps de les observer, sans intervenir ni en être rebuté, mais pourquoi pas en continuant de les imaginer en train de vivre une très très grande aventure.

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Pour un bol d’air, de burlesque et de bruitages irrésistibles, plongez-vous dans ces épopées qui vous feront à coup sûr vibrer.

Les épisodes courts de la série peuvent aussi redonner le sourire au milieu d’une journée maussade.

Et pour les prochaines sorties nature, n’hésitez pas à ouvrir grand vos yeux et à tendre l’oreille, il y a toute une vie juste là, minuscule et grandiose à la fois.

Les épisodes de la série sont disponibles en coffret DVD, et également sur la chaîne Youtube. Les deux long-métrages sont eux disponibles également en DVD ou en VOD (location ou achat).


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